{"id":981,"date":"2024-01-08T07:30:00","date_gmt":"2024-01-08T06:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/gabon-rse.com\/?p=981"},"modified":"2024-01-08T12:47:44","modified_gmt":"2024-01-08T11:47:44","slug":"3-questions-au-pr-stephan-ntie-conseiller-scientifique-a-lagence-nationale-des-parcs-nationaux-du-gabon-anpn","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gabon-rse.com\/?p=981","title":{"rendered":"3 Questions au Dr Stephan NTIE, Conseiller Scientifique \u00e0 l\u2019Agence Nationale des Parcs Nationaux du Gabon (ANPN)"},"content":{"rendered":"\n<p>Dans cette interview accord\u00e9e \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.gabon-rse.com\">www.gabon-rse.com<\/a> , le Docteur Stephan NTIE, Conseiller Scientifique \u00e0 l\u2019Agence Nationale des Parcs Nationaux du Gabon (ANPN), pr\u00e9sente, entre autres, la contribution de cette agence en mati\u00e8re d\u2019\u00e9ducation environnementale des populations riveraines des Parcs nationaux.<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><strong><\/strong><strong>Quelles sont les principales cons\u00e9quences du r\u00e9chauffement climatique sur les Parcs Nationaux du Gabon&nbsp;?<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Le Gabon est un pays du Bassin du Congo qui abrite une biodiversit\u00e9 exceptionnelle. Conscient de l&rsquo;importance de prot\u00e9ger ce patrimoine naturel, le gouvernement gabonais a mis en place un vaste r\u00e9seau d&rsquo;aires prot\u00e9g\u00e9es. En 2002, le Gabon a cr\u00e9\u00e9 13 parcs nationaux, couvrant environ 11 % du territoire national. En 2017, 20 aires marines prot\u00e9g\u00e9es suppl\u00e9mentaires ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es, couvrant environ 26 % de la zone \u00e9conomique exclusive. En plus de ces aires prot\u00e9g\u00e9es, l&rsquo;Agence Nationale des Parcs Nationaux (ANPN) g\u00e8re \u00e9galement cinq sites Ramsar (zones humides d&rsquo;importance mondiale) et un arbor\u00e9tum (l&rsquo;Arboretum Raponda Walker). Cependant, le changement climatique devient de plus en plus l&rsquo;une des principales menaces pesant actuellement sur la biodiversit\u00e9 pr\u00e9sente dans les aires prot\u00e9g\u00e9es du Gabon. Ainsi, une \u00e9tude men\u00e9e au Parc National de la Lop\u00e9 a montr\u00e9 que les arbres commencent \u00e0 fleurir et \u00e0 fructifier plus t\u00f4t dans l&rsquo;ann\u00e9e et que les quantit\u00e9s de fruits ont diminu\u00e9 de 81 % (entre 1986-2018). Dans le m\u00eame temps, une diminution de la masse corporelle des \u00e9l\u00e9phants de 11 % a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e. Cette situation est susceptible d&rsquo;augmenter la comp\u00e9tition pour la ressource entre les animaux, mais \u00e9galement un conflit de plus en plus acerbe entre la faune et les communaut\u00e9s locales. Une autre \u00e9tude de mod\u00e9lisation \u00e9cologique men\u00e9e sur les c\u00e9phalophes (antilopes foresti\u00e8res) au Gabon et au Cameroun sugg\u00e8re que le changement climatique actuel pourrait \u00e9galement entra\u00eener des modifications dans l&#8217;emplacement et la persistance des \u00e9cotones. Les \u00e9cotones sont des zones de transition environnementale (par exemple, la transition for\u00eat-savane) o\u00f9 la diversit\u00e9 des esp\u00e8ces est maintenue. Or, c\u2019est gr\u00e2ce au maintien de cette biodiversit\u00e9 que les effets du changement climatique actuel seront moins importants. La survie future des populations animales et v\u00e9g\u00e9tales d\u00e9pendra probablement non seulement de leur capacit\u00e9 \u00e0 se d\u00e9placer vers des habitats plus appropri\u00e9s, mais aussi de leur capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre aux environnements en mutation rapide. Il est donc plus que jamais urgent de mener davantage d&rsquo;\u00e9tudes sur les effets du changement climatique sur la biodiversit\u00e9 pr\u00e9sente dans les aires prot\u00e9g\u00e9es g\u00e9r\u00e9es par l\u2019ANPN. Ces \u00e9tudes permettront de mieux comprendre les risques auxquels ces \u00e9cosyst\u00e8mes sont confront\u00e9s et de mettre en place des mesures de conservation adapt\u00e9es et efficaces.<\/p>\n\n\n\n<p>2. <strong>Comment l\u2019ANPN contribue-t-elle \u00e0 l\u2019\u00e9ducation environnementale des populations riveraines des Parcs nationaux\u00a0?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;ANPN un \u00e9tablissement public \u00e0 caract\u00e8re scientifique et environnemental. Sa mission est notamment de prot\u00e9ger la biodiversit\u00e9 du Gabon dans les aires prot\u00e9g\u00e9es sous sa gestion. Pour ce faire, l&rsquo;ANPN m\u00e8ne \u00e9galement des activit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation environnementale.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis plusieurs ann\u00e9es, l&rsquo;ANPN propose un programme de classes vertes, en partenariat avec TotalEnergies. Ce programme vise \u00e0 sensibiliser les \u00e9l\u00e8ves des \u00e9coles primaires d&rsquo;Akanda, Libreville et Owendo \u00e0 l&rsquo;importance de la biodiversit\u00e9. Les classes vertes se d\u00e9roulent sur deux sites : l&rsquo;Arboretum Raponda Walker et le Mus\u00e9e National. Les \u00e9l\u00e8ves sont encadr\u00e9s par des \u00e9coguides de l&rsquo;ANPN. Plus sp\u00e9cifiquement, les \u00e9l\u00e8ves sont amen\u00e9s \u00e0 mieux comprendre ce qu\u2019ils \u00e9tudient en classe par des mises en situation sur le terrain o\u00f9 ils d\u00e9couvrent autrement la faune et la flore du Gabon. Ils apprennent aussi \u00e0 prot\u00e9ger leur environnement.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;ANPN est \u00e9galement en partenariat avec l\u2019IRD, WCS, le Minist\u00e8re en charge des Eaux et For\u00eats, l\u2019USTM, l\u2019UOB et plusieurs universit\u00e9s fran\u00e7aises et am\u00e9ricaines dans le cadre de l&rsquo;\u00e9cole de terrain ECOTROP. Ce programme de formation est destin\u00e9 aux \u00e9tudiants et aux professionnels africains et occidentaux. Il se d\u00e9roule en Afrique centrale, au Gabon et au Cameroun, depuis 2011. ECOTROP vise \u00e0 fournir aux apprenants des connaissances et des comp\u00e9tences dans divers domaines li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;environnement. Ces domaines comprennent l&rsquo;\u00e9tude, la gestion et la conservation de la biodiversit\u00e9, la g\u00e9ologie, la g\u00e9ographie, l&rsquo;arch\u00e9ologie et les sciences humaines et sociales. Au Gabon, ECOTROP se d\u00e9roule chaque ann\u00e9e sur deux sites : Libreville et Lastourville.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;ANPN s&rsquo;engage ainsi \u00e0 sensibiliser les populations riveraines des aires prot\u00e9g\u00e9es qu\u2019elle gere \u00e0 l&rsquo;importance de la biodiversit\u00e9. Les programmes de classes vertes et ECOTROP sont des exemples concrets de cet engagement. Ces programmes contribuent \u00e0 la protection de l&rsquo;environnement et \u00e0 la formation des g\u00e9n\u00e9rations futures.<\/p>\n\n\n\n<p>3. <strong>Que pr\u00e9conisez-vous pour embarquer les entreprises dans la restauration des \u00e9cosyst\u00e8mes stockant du \u00ab\u00a0carbone bleu\u00a0\u00bb tels que les mangroves\u00a0?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le Gabon a encore de nombreuses mangroves qui jouent un r\u00f4le essentiel dans la protection du littoral et de la biodiversit\u00e9. Ces for\u00eats de pal\u00e9tuviers se trouvent principalement dans l&rsquo;Estuaire du Gabon (43%), o\u00f9 elles constituent un \u00e9cosyst\u00e8me unique et fragile. Les mangroves du Gabon sont menac\u00e9es par des activit\u00e9s humaines telles que la d\u00e9forestation, la transformation en zones d\u2019habitations urbaines, et la transgression des c\u00f4tes due \u00e0 l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation du niveau de la mer. La perte annuelle moyenne de mangroves au Gabon se situe entre 0,5 % et 2,7 %, des taux sup\u00e9rieurs \u00e0 la moyenne mondiale (0,13 % par an). Si rien n\u2019est fait pour stopper cette destruction, d&rsquo;importantes quantit\u00e9s de carbone auparavant stock\u00e9es risquent d&rsquo;\u00eatre lib\u00e9r\u00e9es dans l&rsquo;atmosph\u00e8re, contribuant consid\u00e9rablement aux \u00e9missions mondiales de gaz \u00e0 effet de serre. Le Gabon a ainsi le potentiel de devenir un leader mondial de la conservation des mangroves. Pour cela, il doit prendre des mesures urgentes pour stopper la d\u00e9forestation des mangroves et les restaurer l\u00e0 o\u00f9 elles ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truites. Au niveau de l&rsquo;ANPN, il s\u2019agira de :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Renforcer le mat\u00e9riel des agents sur le terrain, notamment en leur fournissant des bateaux, des voitures, des r\u00e9cepteurs GPS et des pi\u00e8ges photographiques.<\/li>\n\n\n\n<li>Intensifier les patrouilles des \u00e9cogardes dans les aires prot\u00e9g\u00e9es qui comportent des mangroves (par exemple, Pongara et Akanda)&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li>Mettre en place un programme scientifique pour am\u00e9liorer la connaissance (cartographie, tourbi\u00e8res, stock de carbone, biodiversit\u00e9, services \u00e9cosyst\u00e9miques, \u2026) et suivi de l\u2019\u00e9volution de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 de cet \u00e9cosyst\u00e8me.<\/li>\n\n\n\n<li>Proc\u00e9der au reboisement des mangroves d\u00e9truites&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li>Sensibiliser les communaut\u00e9s riveraines des aires prot\u00e9g\u00e9es g\u00e9r\u00e9es par l&rsquo;ANPN \u00e0 l&rsquo;importance de la conservation des mangroves.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Ces actions permettront de prot\u00e9ger ce patrimoine naturel exceptionnel et de lutter contre le changement climatique.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"524\" height=\"698\" src=\"https:\/\/gabon-rse.com\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Stephan-NTIE-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-983\" style=\"width:380px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/gabon-rse.com\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Stephan-NTIE-2.jpg 524w, https:\/\/gabon-rse.com\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/Stephan-NTIE-2-225x300.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 524px) 100vw, 524px\" \/><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans cette interview accord\u00e9e \u00e0 www.gabon-rse.com , le Docteur Stephan NTIE, Conseiller Scientifique \u00e0 l\u2019Agence Nationale des Parcs Nationaux du Gabon (ANPN), pr\u00e9sente, entre autres, la contribution de cette agence en mati\u00e8re d\u2019\u00e9ducation environnementale des populations riveraines des Parcs nationaux. 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