L’annonce de l’agence Bloomberg place le Bezos Earth Fund (BEF) à la tête d’une coalition internationale dont l’objectif est de mobiliser 200 millions de dollars (environ 120 milliards FCFA) pour structurer le programme ‘‘Gabon Infini’’. Jeff Bezos y injectera personnellement 50 millions de dollars.
L’architecture du projet repose sur le modèle de Financement de Projet pour la Permanence (PFP). À la différence des subventions classiques, ce dispositif de ‘‘fiducie’’ conditionne les décaissements à l’atteinte d’engagements législatifs et de performance technique. En outre, pour l’État, ce partenariat prescrit une gouvernance par résultats, tout en offrant aux bailleurs institutionnels et privés une garantie de pérennité de l’investissement face aux risques de volatilité institutionnelle.
En retirant des millions d’hectares du marché des concessions extractives, le pays mise sur la valorisation de son Capital Naturel, un actif dont la valeur pourrait atteindre 4,36 milliards de dollars selon la BAD. Cette entente doit permettre de porter la sanctuarisation à 30 % des terres et espaces marins du pays d’ici 2030. La vaste forêt tropicale abrite la faune et la faune, y compris 60 % des éléphants de forêt restants en danger critique d’extinction, selon le Programme des Nations Unies pour le développement. L’investissement envisage également la conversion de la biomasse forestière en un actif financier de premier plan, capable de générer des crédits carbone de haute qualité, certifiés selon les standards de la finance internationale.
L’implication du Bezos Earth Fund assure le Gabon comme un laboratoire africain de la conservation bancable.
En alignant les intérêts nationaux sur les flux de capitaux de la Big Tech (désormais réorientée vers la lutte contre le changement climatique), le Gabon permet une redéfinition de la valeur des économies du Bassin du Congo.
