Le 30 avril 2026, à Johannesburg, les ministres africains des Transports et de l’Énergie ont approuvé deux cadres continentaux lors de la 5e session du Comité technique spécialisé de l’Union africaine sur les transports et l’énergie. L’un porte sur la mobilité active (marche et vélo) ; l’autre sur la mobilité électrique. Ensemble, ils constituent la première architecture politique continentale coordonnée sur le transport durable.
L’Afrique concentre 24 % des décès routiers mondiaux pour 3 % du parc automobile mondial. Simultanément, plus d’un milliard de personnes marchent ou pédalent près d’une heure par jour pour rejoindre leur lieu de travail, une école ou un centre de santé (avec des infrastructures piétonnes et cyclables qui, dans la plupart des pays, ne respectent pas les normes basiques de sécurité).
Environ 132 000 véhicules électriques circulent aujourd’hui sur le continent, dans une Afrique de plus d’1,4 milliard d’habitants. L’Éthiopie est en tête, et une trentaine de pays ont intégré la mobilité électrique dans leurs contributions dans leurs contributions déterminées au niveau national (CND).
Ce que le cadre continental tente de corriger, c’est précisément la fragmentation de ces trajectoires nationales, des politiques d’importation de véhicules électriques incompatibles d’un pays à l’autre, des infrastructures de recharge inexistantes hors des capitales, et une dépendance aux carburants importés qui dépasse encore 70 % de la demande de carburants raffinés du continent. Dans les mois à venir, c’est la traduction nationale de ces engagements continentaux qui sera scrutée. Les États membres qui ont voté ces cadres ont des niveaux de capacité institutionnelle, de ressources budgétaires et de pression urbaine très différents. Un cadre continental ne se vaut que par la qualité des plans nationaux qu’il génère ; et par l’existence de mécanismes qui permettent de distinguer les pays qui avancent de ceux qui signent sans agir.
