Le 31 juillet, la Journée internationale de la femme africaine rappelle que l’histoire du continent s’écrit également au féminin. Cette date commémorative met en lumière les combats quotidiens des femmes et des filles, leur rôle dans le développement économique et social, mais aussi les obstacles persistants qui freinent leur pleine participation.

Investir dans l’éducation des filles, dans la protection des femmes et dans leur accès aux ressources économiques et politiques, c’est investir dans la société entière. Les données récentes montrent que les femmes africaines représentent à peine un quart des emplois rémunérés alors qu’elles assurent une part essentielle de l’économie informelle. Elles ne détiennent qu’un tiers des comptes bancaires et restent sous-représentées dans les sphères décisionnelles, avec moins de 30 % de sièges parlementaires.

Des voix comme celle de Constance Yaï, ancienne ministre ivoirienne de la Promotion de la Femme, rappellent que le travail des femmes demeure dans « l’invisibilisation ». Elle insiste sur la nécessité d’une prise de conscience collective, car aucune société ne peut fonctionner sans elles. En République démocratique du Congo, Chantal Faïda souligne que les femmes ont longtemps été reléguées à l’espace privé alors qu’elles ont un rôle majeur à jouer dans l’espace public.

En Afrique subsaharienne, si avec l’effort collectif la parité est pratiquement réalisée au niveau primaire, en 2026, près de 28 % des filles en âge de fréquenter l’école primaire ou secondaire sont encore hors du système scolaire ; les écarts se creusent au secondaire et surtout dans l’enseignement supérieur. Selon l’UNESCO, moins de 50 % des filles achèvent le cycle secondaire contre plus de 60 % des garçons. Dans certaines zones rurales, une fille sur trois quitte l’école avant la fin du secondaire. À l’université, la proportion de femmes chute encore, avec moins de 30 % des inscriptions dans plusieurs pays.

Avant d’être des femmes, ce sont d’abord des filles. Sans un investissement massif dans l’éducation et la protection des filles, l’Afrique continuera de perdre une partie de son potentiel humain. Parallèlement, la transition vers l’emploi reste difficile, les jeunes filles étant surreprésentées dans des activités informelles.

Cette journée doit donc être l’occasion d’un engagement renouvelé. Investir dans les femmes et les filles, c’est renforcer la résilience des sociétés africaines, stimuler la croissance économique et consolider la démocratie. L’Afrique ne peut se permettre de laisser de côté la moitié de sa population.
« Nos enfants ignorent souvent la contribution des femmes africaines à l’évolution des sciences et des civilisations » Son Excellence Ameenah Gurib-Fakim, 6e et première femme présidente de la République de Maurice et Professeur de chimie organique.

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