La 17e Conférence des Parties (COP17) à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification se tient depuis le 19 août à Oulan-Bator et s’achèvera ce 28 août 2026. À deux jours de la clôture, les débats ont déjà donné lieu à des résolutions.

La Mongolie, pays hôte, a rappelé que plus de 77 % de son territoire est dégradé et que certaines régions connaissent désormais entre 5 et 40 jours de tempêtes de poussière par an, contre seulement 2 à 5 il y a 35 ans.

Le président mongol Ukhnaagiin Khürelsükh a ouvert la conférence en présentant l’Agenda des steppes et ses trois initiatives phares, notamment, la protection des rangelands (terres de parcours), le nexus terre-eau et les solutions fondées sur la nature.

Les Nations Unies rappellent que 40 % des terres émergées sont affectées ; 3,2 milliards de personnes en subissent les conséquences et que le coût économique mondial est estimé à 900 milliards de dollars par an. Restaurer plus d’un milliard d’hectares d’ici 2030 nécessiterait 2 600 milliards de dollars, alors que le déficit annuel de financement atteint déjà 278 milliards.

La vice-secrétaire générale de l’ONU, Amina J. Mohammed, a marqué les esprits en évoquant les pertes massives des éleveurs mongols lors des dzuds de 2023 et 2024¹. Elle a insisté sur trois priorités, un financement prévisible, la mise à l’échelle des projets et des décisions centrées sur les populations.

Le 26 août 2026, la CNULCD a publié un rapport intitulé New report makes investment case for the world’s rangelands. Selon le rapport, les rangelands couvrent 54 % des terres émergées, soutiennent directement 2 milliards de personnes et abritent une riche biodiversité. Pourtant, elles restent des écosystèmes négligés en matière d’investissement. Le rapport démontre que leur dégradation accélérée (due au surpâturage, à l’urbanisation, à l’exploitation minière et au changement climatique) entraîne des pertes économiques évaluées à 900 milliards de dollars par an. Pour Ibrahim Thiaw, secrétaire exécutif de la CNULCD : « Les terres de parcours ne sont pas des terres vides, elles sont le socle de la sécurité alimentaire, de la biodiversité et de la résilience climatique. Les ignorer, c’est compromettre notre avenir collectif. » La COP17 a par ailleurs acté la Rangeland Flagship Initiative, qui reconnaît officiellement les pasteurs comme partenaires égaux dans la gestion des terres.

La Déclaration d’Oulan-Bator, adoptée le 25 août 2026, engage les villes et régions à renforcer les actions locales pour la résilience des terres, avec un mécanisme de suivi dès la prochaine COP. Un cadre d’action contre les tempêtes de sable et de poussière a été lancé, prévoyant une coopération transfrontalière et des systèmes d’alerte régionaux.

Les discussions sur le financement ont mis en avant la nécessité de réorienter les subventions agricoles et de développer des instruments innovants comme les obligations vertes et les taxes environnementales ; et, un fonds commun proposé dans le cadre du Partenariat mondial de résilience face à la sécheresse de Riyad (RGDRP) est en cours d’élaboration pour aider environ 70 pays à revenu faible et intermédiaire inférieur à renforcer la résilience face à la sécheresse en soutenant des programmes de renforcement des capacités, prêts à l’investissement et le financement des investissements en matière de résilience à la sécheresse.

« Nous ne pouvons pas continuer à attendre que la sécheresse devienne une crise avant d’agir. Nous disposons des outils, partenariats et mécanismes financiers pour investir dans la préparation, réduire les pertes et protéger les personnes et les communautés. La COP17 doit aboutir à un résultat solide sur la sécheresse, soutenu par les moyens de mise en œuvre nécessaires pour transformer l’ambition en action au niveau national et local, où la résilience face à la sécheresse sera finalement renforcée. » a déclaré Yasmine Fouad, Secrétaire Exécutive de la CNUDCD

¹ Les pertes liées aux dzuds de 2023‑2024 en Mongolie sont chiffrées à environ 8,1 à 9,1 millions de têtes de bétail, soit entre 12,5 % et 13 % du cheptel national. Ces catastrophes climatiques ont provoqué une crise affectant directement près de 5 000 foyers d’éleveurs et entraînant des pertes économiques estimées à plus de 820 millions USD.

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