L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)salue le leadership fort de la Présidence mongole de la COP et du Secrétariat de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) sous le thème « Restaurer la Terre. Restaurer l’Espoir ». Nous applaudissons également les efforts visant à réunir un Forum des Maires pour faire progresser l’action locale, en reconnaissant le rôle essentiel des villes et des gouvernements locaux dans la lutte contre la dégradation des terres, le renforcement de la résilience et la mise en œuvre de solutions adaptées aux besoins des communautés. La COP17 a permis des avancées importantes sur plusieurs fronts, tandis que certaines questions critiques nécessiteront un engagement politique continu et des discussions approfondies d’ici la COP18 en Égypte en 2028.
La COP17 s’est conclue par des engagements majeurs pour accélérer l’action en faveur de la restauration des terres et de la résilience face à la sécheresse, avec plus de 1,3 milliard de dollars promis par 23 pays et le lancement d’une nouvelle Initiative phare sur les parcours (Rangelands Flagship Initiative) pour soutenir des paysages résilients et les moyens de subsistance pastoraux.
Certaines questions essentielles (notamment un cadre mondial sur la sécheresse, l’égalité de genre et la participation des Peuples Autochtones et autres parties prenantes) restent non résolues et nécessiteront un suivi avant la COP18. L’UICN est prête à soutenir ce travail et à maintenir l’élan, en reliant les engagements mondiaux à l’action sur le terrain et en veillant à ce que les financements atteignent les populations et les écosystèmes où ils peuvent avoir le plus grand impact.
En tant que présidente du Dialogue technique de Oulan-Bator sur les synergies de Rio, l’UICN a entendu l’ambition forte de nombreux pays d’adopter des approches intégrées pour atteindre des résultats en matière de climat, de biodiversité et de terres. Concrétiser cette ambition nécessitera de travailler avec les processus nationaux existants, d’aligner politiques, investissements et actions, et de placer les populations et les communautés au centre. Les Solutions fondées sur la nature peuvent traduire ces synergies en mise en œuvre, en reliant restauration des terres, biodiversité, résilience climatique et moyens de subsistance à travers les priorités et cadres nationaux. L’UICN poursuivra ce travail lors du prochain Dialogue technique sur les synergies de Rio à la COP17 de la CDB à Erevan, puis à la COP31 de la CCNUCC à Antalya, aux côtés de la Présidence turque de la COP31, de l’Initiative mondiale pour les terres du G20, d’ENACT et d’autres partenaires.
La COP17 s’est tenue durant l’Année internationale des parcours et des pasteurs, mettant enfin en lumière ces écosystèmes et les gardiens qui les entretiennent. L’UICN soutient fermement le leadership pastoral et se réjouit de la décision en faveur d’une gouvernance inclusive, de la sécurisation des droits fonciers et de la mobilité. Nous saluons les efforts de la Présidence mongole pour défendre cette cause et attendons avec intérêt la poursuite de la collaboration sur le Plan des steppes, appuyé par le projet Legacy du FEM, que l’UICN mettra en œuvre avec la Mongolie et le Mécanisme mondial de la CNULCD.
Les discussions sur la sécheresse ont également progressé. L’UICN se félicite du consensus sur la nécessité de passer de la réponse aux crises à une gestion proactive. Bien que la décision sur la sécheresse n’ait pas atteint le niveau d’ambition souhaité, elle a inscrit la sécheresse comme point permanent à l’ordre du jour, qui sera repris à la COP18. L’UICN continuera de travailler avec les Parties sur la planification intégrée de l’utilisation des terres, la restauration des fonctions hydrologiques et la conservation de l’eau des sols comme approches essentielles pour renforcer la résilience. Nous saluons également la première Assemblée du Partenariat mondial pour la résilience face à la sécheresse de Riyad, ainsi que le lancement du Fonds d’investissement pour la résilience à la sécheresse.
La COP17 n’a pas pleinement opérationnalisé les caucus pour les Peuples Autochtones et pour les communautés locales (une étape essentielle pour garantir que leurs contributions soient reflétées dans les résultats négociés et que leurs droits sur les terres ancestrales soient respectés dans les politiques et instruments financiers). La dégradation des terres ne peut être inversée sans la participation pleine et entière des plus concernés : Peuples Autochtones, communautés locales, pasteurs, agriculteurs, femmes et jeunes. L’UICN travaillera avec ses Membres organisations autochtones et les mécanismes de la CNULCD pour faire avancer ce travail d’ici la COP18.
Au-delà d’Oulan-Bator, l’UICN rappelle d’autres décisions clés, concernant la dégradation des terres agricoles, la tenure foncière, les tempêtes de sable et de poussière, ainsi que les travaux de l’Interface science-politique. Nous félicitons le Gouvernement égyptien pour sa prise de présidence de la COP18 et nous réjouissons de collaborer avec lui.
L’UICN réaffirme la nécessité de maintenir un haut niveau d’ambition et, surtout, de veiller à ce que les engagements et déclarations faits en Mongolie se traduisent par des actions et des investissements mesurables sur le terrain. Nous continuerons à travailler avec les Parties, les Peuples Autochtones et les communautés locales, les partenaires et les processus des Conventions de Rio pour transformer ces engagements en résultats durables pour la terre, les populations et la nature. (Source : IUCN)
