Le 19 octobre 2026, le Sénégal a lancé officiellement sa première taxonomie verte, un instrument stratégique pour orienter les investissements vers des activités compatibles avec les objectifs climatiques et environnementaux nationaux.
Cette taxonomie, élaborée sous la conduite du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique et du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, bénéficie de l’appui technique de la coopération allemande (GIZ). Elle constitue l’aboutissement d’un processus engagé en 2024, enrichi par une large consultation publique en 2025 associant experts, universitaires, ONG, société civile, partenaires au développement et acteurs économiques.
L’objectif fut d’élaborer un langage commun sur la durabilité, afin de rendre la finance verte plus lisible et plus crédible pour les investisseurs. La première version de la taxonomie se concentre sur l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, en couvrant des secteurs clés tels que la construction, les transports, l’industrie, l’eau, l’assainissement‑déchets et l’énergie. Elle intègre également des garanties sociales minimales et une dimension genre explicite, afin de s’assurer que les projets labellisés contribuent à une transition juste et inclusive.
Pour qu’une activité soit considérée comme alignée sur la taxonomie, elle doit démontrer une contribution substantielle aux objectifs climatiques du pays, tout en respectant le principe de «ne pas causer de préjudice important » aux autres priorités environnementales. L’architecture du dispositif s’inspire de la taxonomie européenne et des standards de Climate Bonds, en combinant une évaluation des risques climatiques et une liste de mesures reconnues comme éligibles. Une méthodologie spécifique est prévue pour l’agriculture, afin de tenir compte de la diversité des pratiques et de leurs co‑bénéfices.
Lors des travaux de restitution, le secrétaire général du ministère de l’Environnement, Fodé Fall, a salué la rigueur du processus et rappelé que cette taxonomie devait devenir « un pilier de la transition écologique, au service de la prospérité économique, de la justice sociale et de la durabilité environnementale ».
La Banque africaine de développement encourage depuis plusieurs années la mise en place de cadres normatifs capables de structurer la finance durable en Afrique. Pour l’institution, ces taxonomies sont essentielles pour passer des engagements politiques à des investissements à grande échelle, en particulier dans les secteurs liés à la biodiversité, à la résilience climatique et à la gestion durable des ressources naturelles.
