En octobre 2026, le monde entier a entamé une nouvelle édition d’Octobre Rose, symbole de la lutte contre les cancers féminins.

Toutefois, en Afrique, derrière les campagnes de sensibilisation, les chiffres récents publiés par GLOBOCAN 2024 et confirmés par l’OMS Afrique rappellent l’ampleur du défi.

Selon les données consolidées, l’Afrique a enregistré en 2024 près de 186 000 nouveaux cas de cancer du sein et plus de 117 000 cas de cancer du col de l’utérus, avec une mortalité qui dépasse les 160 000 décès annuels. À elles seules, ces deux pathologies représentent plus de 60 % des cancers féminins sur le continent.

Face à cette réalité, plusieurs pays africains ont intensifié leurs actions. Le Nigeria a lancé en 2026 un programme national de vaccination contre le HPV visant sept millions de jeunes filles d’ici 2030. Le Kenya a étendu ses centres de dépistage gratuits dans les zones rurales avec un objectif d’un million de femmes dépistées cette année. En Afrique du Sud, le registre national du cancer est renforcé et de nouvelles unités de radiothérapie sont financées pour les provinces défavorisées. Dans des pays comme le Gabon et la Côte d’Ivoire, les Premières Dames continuent de parrainer Octobre Rose, avec des campagnes de dépistage et la distribution de milliers de kits HPV.

Les institutions régionales et internationales fixent des objectifs clairs. Pour le cancer du col de l’utérus, la stratégie 90‑70‑90 de l’OMS prévoit que 90 % des filles soient vaccinées contre le HPV avant 15 ans, que 70 % des femmes soient dépistées entre 35 et 45 ans et que 90 % des cas détectés soient traités. Pour le cancer du sein, la stratégie 60‑60‑80 vise à diagnostiquer 60 % des cas aux stades précoces, réduire le délai de diagnostic à moins de 60 jours et assurer que 80 % des patientes terminent leur traitement.

Dr Matshidiso Moeti, Directrice Régionale de l’OMS Afrique, a rappelé que :« le cancer du col de l’utérus est évitable. Avec la vaccination et le dépistage, nous pouvons sauver des millions de vies africaines. » En Côte d’Ivoire, Fatou Fadika Coulibaly, présidente de la Coalition contre le cancer, insiste : « Mesdames, vos seins n’attendent pas octobre. »

Si la mobilisation est réelle, l’Afrique reste confrontée à trois obstacles majeurs, le diagnostic tardif, le coût élevé des traitements et les inégalités territoriales dans l’accès aux soins.

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